Le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a annoncé, le mercredi 4 mars 2026 à Abidjan, l’ouverture officielle de la campagne intermédiaire 2025-2026 du cacao. À cette occasion, il a révélé que le prix d’achat garanti aux producteurs est désormais fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, contre 2 800 FCFA/kg lors de la campagne principale. Cette baisse représente une réduction de plus de 57 %.
Selon le ministre, cette décision résulte de la chute des cours mondiaux du cacao et de la crise de surstockage qui affecte la filière. Les fluctuations du marché international obligent le gouvernement à procéder à un réajustement, afin de préserver la stabilité de la filière et d’éviter une crise plus profonde. Cette baisse du prix bord champ constitue un choc pour les planteurs ivoiriens, qui avaient bénéficié d’un prix record lors de la campagne principale. Le gouvernement affirme toutefois que cette mesure vise à sauvegarder l’équilibre économique du secteur, en garantissant la continuité des exportations et en maintenant la compétitivité du cacao ivoirien sur le marché mondial.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dépend fortement de cette culture pour ses recettes d’exportation et pour l’emploi de millions de familles rurales. Le cacao contribue à environ 15 % du PIB ivoirien, ce qui illustre sa place stratégique dans l’économie nationale. La décision du gouvernement met en lumière la vulnérabilité de la filière face aux aléas du marché international, mais aussi la nécessité de renforcer les mécanismes de régulation et de soutien aux producteurs.
Au-delà de l’ajustement conjoncturel, cette crise relance le débat sur la durabilité du modèle agricole ivoirien. La diversification des revenus des producteurs, l’amélioration de la transformation locale et la mise en place de filets de protection sociale apparaissent comme des pistes incontournables pour réduire la dépendance aux fluctuations des cours mondiaux.
Moussa Traoré
