Selon les données publiées par la BCEAO dans son rapport de septembre 2026, l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) confirme son statut de l’une des zones les plus dynamiques au monde. L’Union affiche une croissance moyenne de 6,0% au deuxième trimestre 2026. Une performance qui surclasse largement la croissance mondiale. Ce chiffre global masque toutefois des disparités notables et des dynamiques nationales profondément contrastées, redessinant la carte de la croissance ouest-africaine.
Avec un taux de 7,0%, le Niger se hisse, contre toute attente, au premier rang de l’UEMOA. Cette performance stratosphérique n’est pas le fruit du hasard. Elle traduit l’impact conjugué et massif des investissements structurants dans les infrastructures et le décollage de l’exploitation des ressources naturelles, notamment pétrolières et minières. Niamey confirme son potentiel de géant en devenir.
En deuxième position avec 6,6%, le Bénin confirme la pertinence de son modèle. Porté par la vitalité exceptionnelle du commerce, notamment via le corridor et le Port de Cotonouu, et par des réformes structurelles audacieuses et continues, le pays s’impose comme un modèle de stabilité et de diversification.
Avec 6,5%, le Togo récolte les fruits de sa stratégie. Bénéficiant d’une diversification accrue de ses activités portuaires et industrielles autour du Port Autonome de Lomé et de sa Zone franche, le pays s’affirme comme le hub logistique et industriel incontournable de la sous-région.
Quatrième avec 6,0%, soit exactement la moyenne de l’Union, la Côte d’Ivoire confirme son rôle de locomotive et de stabilisateur régional. Grâce à un binôme agriculture à haute valeur ajoutée et services dynamiques, Abidjan affiche une croissance robuste, équilibrée et prévisible, socle de l’UEMOA.
Avec 5,9%, le Mali réalise une prouesse. Malgré un contexte sécuritaire complexe et persistant, le pays fait preuve d’une résilience économique remarquable, signe de la solidité de son tissu agricole et de l’or.
Sixième avec 5,5%, le Burkina Faso maintient le cap. Porté par ses deux piliers traditionnels, l’agriculture et les mines, Ouagadougou démontre une capacité à maintenir une trajectoire positive.
Septième avec 5,0%, le Sénégal affiche le ralentissement le plus commenté. Ce chiffre, en deçà de son potentiel, s’explique par une phase de transition énergétique et industrielle majeure. Entre l’entrée dans l’ère pétrolière et gazière et la mise en œuvre de grands projets structurants, Dakar est dans un entre-deux dont les dividendes sont attendus dans les trimestres à venir.
Huitième et dernier avec 4,9%, la Guinée-Bissau affiche une croissance plus modeste mais stable, tirée essentiellement par la filière anacarde.
Avec une moyenne de 6,0% qui dépasse largement la croissance mondiale, l’UEMOA confirme qu’elle demeure l’un des espaces économiques les plus dynamiques, les plus résilients et les plus attractifs pour les investisseurs internationaux.
Souleymane Coulibaly
