Les autorités sénégalaises ont donné, ce mercredi 12 août 2026 à Dakar, le coup d’envoi des travaux préparatoires du projet de loi de finances 2027, à travers un atelier consacré à la vulgarisation de la lettre circulaire du 30 juillet 2026. Cette rencontre marque une étape décisive dans la planification budgétaire, dans un contexte international chargé d’incertitudes économiques et géopolitiques.
Le projet de budget prévoit une répartition de 1 470,2 milliards de FCFA pour le fonctionnement et 980,7 milliards de FCFA pour les investissements. Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de rationaliser les dépenses courantes tout en renforçant l’effort d’investissement productif.
Au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, le directeur de cabinet Babacar Cissé a présidé l’ouverture des travaux. Il a insisté sur la nécessité d’une allocation « plus stratégique » des crédits, afin de privilégier les leviers d’action les plus pertinents et d’améliorer l’efficacité de la dépense publique.
Le gouvernement entend également intensifier la mobilisation des ressources internes, en misant sur : la réadaptation de l’écosystème fiscal et douanier, le renforcement des stratégies de recouvrement, l’amélioration des mesures d’administration et de politique fiscales.
Pour M. Cissé, l’augmentation du niveau de recouvrement constitue une condition essentielle pour financer durablement les politiques publiques.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient, les pressions inflationnistes, le durcissement des conditions de financement, ainsi que la hausse des prix des céréales et de l’énergie. À cela s’ajoutent la pression croissante sur la dette publique, le ralentissement des investissements directs étrangers et les effets du changement climatique sur les secteurs productifs.
Face à ces défis, le gouvernement vise un déficit budgétaire de 4,9 % en 2027 et entend privilégier une gestion rationalisée des ressources. Les économies réalisées sur les dépenses de fonctionnement seront réorientées vers les priorités nationales, en cohérence avec la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et l’Agenda Vision Sénégal 2050.
Les travaux préparatoires doivent permettre aux institutions et ministères de mieux planifier leurs besoins, d’optimiser l’utilisation des crédits et d’anticiper les contraintes liées à l’exécution de la prochaine loi de finances.
Fatoumata Traoré
