Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a rendu public, ce lundi 15 juin 2026, le Rapport trimestriel d’exécution budgétaire (RTEB) du premier trimestre de l’année 2026. Au-delà de la résilience de l’économie sénégalaise, le document confirme une mobilisation soutenue des ressources et une exécution budgétaire maîtrisée, orientée vers la prise en charge des priorités nationales.
À fin mars 2026, les recettes fiscales se sont établies à 1 095,7 milliards FCFA, soit 96,2 % de la cible trimestrielle et 20,3 % de l’objectif annuel fixé par la Loi de Finances Initiale (LFI). En glissement annuel, elles enregistrent une hausse de 135,4 milliards FCFA, équivalant à +14,1 %. Cette performance est attribuable à la vigueur des impôts sur les sociétés, portée par la bonne tenue des activités extractives, ainsi qu’à la dynamique des impôts indirects intérieurs, reflet d’une consommation interne robuste.
Les recettes budgétaires totales ont atteint 1 149,7 milliards FCFA à fin mars, traduisant une progression de 11,9 % par rapport à la même période en 2025. Cette évolution illustre les efforts constants de l’État pour mobiliser les ressources publiques, renforcer la crédibilité de sa politique budgétaire et consolider la confiance des partenaires financiers.
Les dépenses budgétaires se sont élevées à 1 482,7 milliards FCFA, soit 20,6 % des prévisions annuelles de la LFI. Ce rythme d’exécution, relativement contenu, traduit une volonté de discipline budgétaire et de gestion prudente des finances publiques, évitant tout emballement des charges en début d’exercice.
Le solde budgétaire affiche un déficit de 333 milliards FCFA à fin mars 2026. Bien que négatif, ce niveau reste maîtrisé et cohérent avec les objectifs de stabilité macroéconomique. Il reflète un équilibre fragile mais réel entre la montée en puissance des recettes et la gestion raisonnée des dépenses.
La trajectoire budgétaire du Sénégal au premier trimestre 2026 révèle une situation financière relativement saine : Les recettes progressent plus vite que les dépenses, renforçant la soutenabilité des finances publiques. Le déficit demeure contenu, ce qui témoigne d’une gestion prudente et d’une volonté de préserver les équilibres macroéconomiques. La mobilisation accrue des ressources fiscales, notamment via les secteurs extractifs et les impôts indirects, constitue un levier essentiel pour financer les politiques publiques.
À moyen terme, la consolidation de cette dynamique dépendra de la capacité du gouvernement à maintenir la discipline budgétaire tout en soutenant l’investissement public et la croissance inclusive.
Souleymane Coulibaly
