Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mariam Tangara, a donné ce jeudi 14 mai le premier coup de pelle des activités de curage des collecteurs et caniveaux dans le District de Bamako. Ce geste symbolique marque le démarrage officiel du programme 2026 de prévention des inondations, inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à protéger les populations et améliorer la salubrité urbaine.
Le plan prévoit le curage de 348 517 mètres linéaires de collecteurs et caniveaux à Bamako, financé conjointement par le Projet de Résilience Urbaine de Bamako et le Budget Spécial d’Investissement, pour un montant global de 3,33 milliards FCFA. En dehors de la capitale, 421 280 mètres linéaires seront également curés dans d’autres localités du pays, pour un budget prévisionnel de 972,39 millions FCFA. Ces travaux incluent le désherbage, l’enlèvement des déchets, l’évacuation des déblais et le suivi technique des ouvrages de drainage identifiés comme prioritaires. Ils visent à améliorer l’écoulement des eaux pluviales et réduire les risques d’inondations récurrents durant la saison des pluies.
Au-delà des travaux techniques, le ministère insiste sur la responsabilité citoyenne. Les caniveaux et collecteurs ne doivent plus être utilisés comme dépotoirs. Les déchets solides, plastiques et gravats obstruent l’écoulement des eaux et exposent les quartiers à des inondations évitables. Des campagnes de sensibilisation accompagneront les travaux pour encourager les riverains, commerçants et collectivités à préserver les ouvrages d’assainissement.
Dans son discours, Mariam Tangara a rappelé que « la prévention des inondations est une responsabilité partagée : l’État mobilise les moyens, les services techniques assurent l’exécution et le suivi, les collectivités accompagnent et sensibilisent, mais il revient aux populations de jouer leur partition en adoptant des comportements écocitoyens. »
Pour Abdoulaye Konaté, spécialiste des politiques urbaines, ce programme illustre une approche proactive de l’État face aux défis climatiques : « Les inondations coûtent chaque année des milliards en pertes économiques et en dégâts matériels. Investir plus de 4,3 milliards FCFA dans le curage des collecteurs est une mesure de prévention qui réduit les dépenses futures liées aux catastrophes. C’est un choix rationnel, mais il doit s’accompagner d’une responsabilisation des citoyens et d’une meilleure gestion des déchets solides. Sans cela, les investissements risquent de perdre leur efficacité. » Il ajoute que « la résilience urbaine ne se limite pas aux infrastructures. Elle repose aussi sur la gouvernance locale et la discipline collective. Le succès du programme dépendra de la capacité des collectivités et des populations à maintenir les ouvrages en état de fonctionnement. »
Le lancement officiel donne une impulsion institutionnelle forte aux opérations de curage, qui apparaissent désormais comme un pilier de la politique nationale de prévention des risques.
Khadidiatou Maïga
