Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment annoncé une projection de 4,3 % de croissance moyenne pour l’Afrique en 2026, plaçant le continent en tête des régions les plus dynamiques du monde. Cette prévision contraste avec la stagnation observée dans plusieurs économies avancées et repose sur des signaux encourageants : recul de l’inflation, stabilisation des taux de change, réformes structurelles engagées au Kenya, en Éthiopie et au Ghana, ainsi que la fermeté des prix des matières premières.
Selon FurtherAfrica, les marchés financiers commencent à refléter cette embellie, avec un resserrement des spreads obligataires souverains dans plusieurs pays. Une tendance qui traduit un regain de confiance des investisseurs.
Si cette croissance se confirme, elle ne doit pas être perçue comme un simple effet conjoncturel. Elle doit s’inscrire dans une stratégie de développement endogène, portée par les Africains eux-mêmes. Les autorités et acteurs économiques du continent insistent sur la nécessité de : diversifier les économies afin de réduire la dépendance aux matières premières.
Transformer localement les ressources pour créer de la valeur ajoutée et des emplois.
Investir massivement dans les infrastructures afin de soutenir la compétitivité et l’intégration régionale. Renforcer le capital humain par l’éducation et la formation, condition indispensable à une croissance inclusive.
Pour plusieurs économistes, l’Afrique ne peut plus se contenter d’être un simple réservoir de ressources pour les industries étrangères. Les débats autour des minerais critiques, notamment en RDC et en Afrique du Sud, illustrent cette exigence de souveraineté.
Les dernières statistiques montrent qu’en 2025, les ventes de minerais dans ces deux pays ont progressé de 7,3 %, confirmant l’importance stratégique de ces ressources dans les chaînes de valeur mondiales.
Le défi est clair : transformer l’optimisme du FMI en un véritable levier de développement durable. Sans une maîtrise africaine de son destin économique, cette croissance pourrait rester fragile et profiter davantage aux acteurs extérieurs qu’aux populations locales.
Khadidiatou M. Maïga
