Selon la Banque mondiale, les codes fiscaux ouest‑africains présentent des écarts majeurs. Avec plus de 1150 dispositions, la Côte d’Ivoire se distingue par une réglementation dense, tandis que le Mali affiche le corpus le plus allégé avec 446 articles.
La comparaison des codes généraux des impôts (CGI) dans sept pays d’Afrique de l’Ouest révèle une forte disparité dans la complexité des systèmes fiscaux. La Côte d’Ivoire occupe la première place avec 1153 dispositions fiscales, suivie du Niger (1002) et du Burkina Faso (642). À l’autre extrémité du classement, le Mali ne compte que 446 articles, soit près de trois fois moins que son voisin ivoirien.
Le Togo (568), le Sénégal (567) et le Bénin (511) se situent dans une zone intermédiaire, affichant des volumes relativement proches. Cette diversité traduit des choix politiques et administratifs différents, oscillant entre volonté de précision réglementaire et recherche de simplification.
Pour les investisseurs, ces écarts peuvent influencer l’attractivité des marchés. Un code dense, tel que celui de la Côte d’Ivoire, peut offrir une couverture exhaustive des cas fiscaux mais aussi générer une lourdeur administrative. À l’inverse, un corpus plus léger, comme celui du Mali, peut être perçu comme plus accessible, à condition que les règles soient claires et stables.
Au‑delà des comparaisons nationales, cette situation pose la question d’une harmonisation fiscale régionale au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO. Une convergence des pratiques pourrait faciliter les échanges, réduire les distorsions et renforcer la compétitivité de l’espace communautaire.
Souleymane Coulibaly
