Alors que la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, ses répercussions dépassent largement les frontières régionales. En Afrique, plusieurs dirigeants expriment leur vive inquiétude, avertissant que l’escalade militaire pourrait avoir de graves conséquences économiques pour le continent.
Le premier canal d’impact est énergétique. La hausse rapide des prix du pétrole, alimentée par les attaques dans le Golfe, menace directement les économies africaines. Si certains pays producteurs comme le Nigeria ou l’Angola peuvent espérer des recettes supplémentaires, la majorité des États, importateurs nets d’énergie, voient leur facture s’alourdir. Les gouvernements craignent une pression accrue sur les finances publiques et une aggravation des déficits budgétaires.
Les dirigeants africains alertent sur les effets immédiats pour les populations : flambée des coûts de transport, hausse des prix alimentaires et fragilisation du pouvoir d’achat. Dans les pays sahéliens, où les marges budgétaires sont limitées, une telle inflation pourrait accentuer la précarité et nourrir l’instabilité sociale.
Les grandes places boursières africaines enregistrent déjà une volatilité accrue. Les investisseurs redoutent une contraction de la croissance si les coûts d’importation explosent. Les dirigeants de la CEDEAO et de l’Union africaine insistent sur la nécessité d’une coordination régionale pour amortir le choc et éviter une crise de confiance sur les marchés.
Au-delà des inquiétudes immédiates, plusieurs chefs d’État africains soulignent que cette crise révèle une dépendance structurelle aux marchés mondiaux de l’énergie. Ils plaident pour un investissement accéléré dans les énergies renouvelables et une diversification des sources d’approvisionnement afin de réduire l’exposition aux chocs géopolitiques.
Moussa Traoré
