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Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale: la question de la restructuration de la dette au cœur des débats

Mardi 24 février 2026, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est présenté devant les députés pour un exercice de redevabilité prévu par l’article 104 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Entouré de ses ministres, le chef du gouvernement a répondu aux interrogations des parlementaires dans un cadre institutionnel qui se veut un symbole de transparence et de vitalité démocratique.

Cette séance de questions-réponses illustre la volonté de renforcer le lien de confiance entre citoyens et institutions, en transformant l’hémicycle en un espace de clarification, de débat et de confrontation constructive autour des politiques publiques.

Parmi les sujets abordés, la gestion de la dette nationale a occupé une place centrale. Les élus ont interpellé l’exécutif sur l’opportunité d’une éventuelle restructuration. Sur ce point, la position du gouvernement est restée ferme : aucune restructuration n’est envisagée. Le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a réaffirmé cette orientation devant les parlementaires : « Nous sommes contre la restructuration. Ce n’est pas une question d’orgueil », a-t-il insisté.

Plutôt que de recourir à une restructuration classique, l’exécutif sénégalais met en avant une approche qu’il qualifie de « scientifique, économique et technique » : la gestion active de la dette. Selon Cheikh Diba, cette stratégie permet d’obtenir des résultats comparables à ceux d’une restructuration, tout en évitant ses effets négatifs.

« Le résultat est le même du point de vue quantitatif, à quelques variables près. Mais nous ne subissons pas les conséquences d’une restructuration », a martelé le ministre.

Lors de son intervention, le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas hésité à hausser le ton contre le Fonds monétaire international (FMI). Il a cité l’économiste américain Jeffrey Sachs pour appuyer son propos : « Le FMI ne veut pas votre développement, mais que vous restiez pauvres et sages ! »

Cette formule, volontairement percutante, traduit une défiance assumée vis-à-vis des institutions financières internationales. Elle s’inscrit dans un débat récurrent sur l’impact des programmes du FMI en Afrique, souvent accusés de freiner l’industrialisation et de maintenir les économies dans une dépendance structurelle.

Le gouvernement Sonko met en avant une vision différente : bâtir une économie résiliente fondée sur l’industrialisation, la valorisation des ressources locales et une gestion autonome de la dette. Cette orientation vise à rompre avec une logique de dépendance et à affirmer une trajectoire de développement endogène.

Ce grand oral parlementaire ne s’est pas limité à une simple défense de la politique économique. Il a aussi montré la volonté du gouvernement de s’expliquer devant la représentation nationale, en assumant ses choix et en exposant ses alternatives. Dans un contexte où la question de la dette reste sensible pour de nombreux pays africains, le Sénégal affiche une stratégie singulière, misant sur la maîtrise technique plutôt que sur une renégociation des engagements.

Souleymane Coulibaly

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