Selon les données publiées par UMOA-Titres, les huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont mobilisé un montant total de 11 859 milliards FCFA en 2025 sur le marché des titres publics. Ce chiffre illustre la vitalité de ce mécanisme de financement, devenu incontournable pour les États de la zone dans leur quête de ressources budgétaires.
Cette performance témoigne de la confiance des investisseurs régionaux et internationaux dans la capacité des pays de l’UEMOA à lever des fonds, malgré un contexte économique mondial marqué par des tensions et une volatilité accrue.
Cependant, si la mobilisation globale apparaît solide, certains observateurs soulignent que la situation n’est pas homogène au sein de l’Union. En particulier, le Niger se trouve confronté à de sérieux problèmes financiers, liés à la gestion et à la maturité de certains de ses titres. Selon ces analystes, la maturité de plusieurs émissions est jugée catastrophique, car elle expose le pays à des risques de refinancement élevés et à une pression accrue sur ses finances publiques. Cette fragilité contraste avec la relative stabilité observée dans d’autres pays de l’UEMOA, qui parviennent à mieux étaler leurs échéances et à diversifier leurs instruments de dette.
La mobilisation de 11 859 milliards FCFA en 2025 confirme l’importance stratégique du marché régional des titres publics pour le financement des économies de l’UEMOA. Toutefois, les difficultés rencontrées par certains États, notamment le Niger, rappellent la nécessité d’une gestion prudente et d’une planification rigoureuse des maturités.
Pour les investisseurs, ces disparités constituent un signal d’alerte : si la zone dans son ensemble reste attractive, la soutenabilité de la dette de certains pays pourrait fragiliser la confiance et peser sur les conditions de financement futures.
Néanmoins, pour ces mêmes observateurs et analystes, l’année 2025 restera marquée par une mobilisation exceptionnelle sur le marché des titres publics de l’UEMOA. Ils estiment que derrière ce succès collectif, des inquiétudes demeurent quant à la capacité de certains États à honorer leurs engagements. Pour eux, le cas du Niger illustre les défis auxquels la région doit faire face : concilier la nécessité de financer le développement avec une gestion rigoureuse de la dette, afin de préserver la stabilité financière et la crédibilité de l’ensemble de l’Union.
Aminata Dembélé
